Les derniers caribous de Charlevoix sont désormais en captivité. Leur capture et leur mise en enclos ont été complétées avec succès, annonce  le gouvernement du Québec.

 

source: David Rémillard.  Radio Canada


La harde de Charlevoix devient ainsi la seconde harde isolée à être totalement placée en captivité, après celle de Val d’Or, en 2020.

Seuls 16 caribous sont toujours en vie. Du nombre, 12 adultes ont été recensés lors de la capture, soit 3 mâles et 9 femelles. Mince consolation pour les défenseurs de cette espèce en voie de disparition, quatre faons ont été trouvés, soit trois de plus que ce qui avait été estimé lors d’un inventaire aérien réalisé l’an dernier.

La harde de Charlevoix sera en enclos pour une durée indéterminée. “Bien que toujours en période d’acclimatation, les caribous se portent bien”, assure le ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs dans un communiqué diffusé jeudi matin.

Avec 16 animaux capturés, le ministère considère que la totalité des caribous de Charlevoix ont probablement été mis en enclos. En 2021, 17 caribous avaient été vus lors de l’inventaire aérien. L’estimation la plus optimiste plaçait la harde à 20 caribous.
Carte de délimitation qui passe dans la réserve faunique des Laurentides, le parc national des Grands-Jardins, la ZEC des Martres et une petite partie du parc national des Hautes-Gorges-de-la-Rivière-Malbaie.

La zone d’inventaire des caribous en 2021

“La mise en enclos des caribous a pour but d’assurer la protection de ces populations en situation très précaire”, ajoute-t-on, invitant à ne pas perturber la quiétude des bêtes et à ne pas s’approcher des installations de protection.

L’enclos est d’une superficie d’une vingtaine d’hectares et a été construit au coût de 1,5 million de dollars.

Déclin accéléré

Le déclin du caribou de Charlevoix s’est amorcé en 1992 et s’est accéléré au cours des dernières années. La perte d’habitat figure parmi les principaux facteurs ayant contribué à cette diminution de la population.

Le Québec doit produire une stratégie de protection de l’habitat du caribou forestier et montagnard en 2023 ou en 2024. Une commission indépendante a été mise sur pied en novembre dernier afin d’évaluer des scénarios de protection tout en préservant l’industrie forestière.

La commission doit d’ailleurs présenter les deux scénarios à l’étude ce jeudi.

Malgré cette annonce, de nombreux organismes de conservation déplorent un laxisme de la part du gouvernement du Québec, et ce, depuis des années.
Une clôture recouverte de géotextile noir dans une forêt.

En Gaspésie, la construction des enclos sera terminée à l’été, mais il est prévu que les premières femelles y soient installées dès cet hiver.

 

Outre celle de Charlevoix, les hardes de Val d’Or et de la Gaspésie, dont la mise en enclos doit aussi avoir lieu cette année, ont atteint des seuils critiques. D’autres hardes, comme celle du Pipmuacan, commencent également à montrer des signes de déclin.

Devant le manque de proactivité du Québec, le gouvernement fédéral a prévenu, par la bouche du ministre de l’Environnement Steven Guilbeault, qu’il interviendrait afin de forcer la province à poser des gestes pour faire respecter les dispositions de la Loi sur les espèces en péril.