Publié le 20 janvier 2022

Source: Lynda Blouin, MÉDIAT


Le déclin de la population de caribous

En effet, l’animal est officiellement considéré en voie de disparition depuis 2015. La diminution du nombre de bêtes a été souligné avant cela cependant. La harde, qui comportait environ 50 individus en 1980, n’a cessé de décroître jusqu’à atteindre seulement 7 caribous en 2022.

La protection des caribous a débuté en 2013. Le gouvernement a installé des enclos pour les femelles gestantes, qui étaient libérées avec leurs faons quelques mois après la mise-bas. Avec ses 1,7 hectares, soit 130 mètres par 130 mètres, il était considéré suffisamment grand par les experts engagés dans le processus.

En 2017, les caribous devaient être transférés au Zoo Sauvage de Saint-Félicien. La vive contestation des citoyens a eu raison du projet.

Le déclin du nombre de caribous s’est ainsi poursuivi, faute d’intervention. Pour contrer ce phénomène, ils ont tous été transportés dans l’enclos de gestation en mars 2020. En décembre de la même année, le projet d’agrandissement a été annoncé par le Ministre de la Forêt, de la Faune et des Parcs.

L’agrandissement de l’enclos

En effet, l’espace était devenu insuffisant pour le bien-être des animaux. Il fallait donc augmenter le nombre d’enclos. 750 000$ ont été investis en ce sens et 100 000$ seront ajoutés chaque année au projet.

Les enclos, semblables au premier qui a été construit, sont constitués de clôtures impénétrables pour les animaux. Celles-ci sont recouvertes de membranes géotextiles noires pour que les barrières soient bien visible. Elles sont entourées de clôtures électriques servant à dissuader les prédateurs d’entrer.

L’enclos qui accueillait le troupeau sert désormais à isoler les individus malades et les femelles qui attendent des petits. Deux espaces de vie ont aussi été ajoutés. Le groupe est changé d’emplacement à quelques reprises durant l’année pour éviter de développer des maladies.

Les enclos sont reliés par des corridors servant à déplacer les caribous. Ils ont aussi accès à un espace d’alimentation, que le gardien peut surveiller discrètement depuis une tour d’observation. Les animaux y sont nourris régulièrement à base de foin, de moulée et de lichen qui sont entreposés sur place. Un puits artésien permet de fournir l’eau aux animaux et à l’habitat du gardien.

95% du projet est complété. Il reste, entre autres, à mettre un grillage permanent à l’un des enclos d’isolement et à installer des mangeoires. Le nouvel habitat mobile du gardien et un conteneur pour ranger la nourriture sont aussi attendus. Les caribous pourront alors être transférés dans leur nouvel enclos.

18,8 hectares sont ainsi ajoutés à l’installation déjà existante. Cela permet de tripler l’espace de vie des caribous.

Le bien-être des caribous

Le bien-être des caribous est pris en compte dans les décisions assure Mme Mélissa Châtelain, biologiste et coordonnatrice du projet :

« La santé et le bien-être des caribous a vraiment été au cœur de toutes les réflexions entourant ce projet. […] Les experts sont quotidiennement sur le terrain à mettre des mesures temporaires afin de protéger les caribous. Outre les enclos, plusieurs autres projets ont été réalisés par eux parce que nos experts ont vraiment à coeur la survie du caribou. »

Elle rappelle également qu’il s’agit d’une solution temporaire. Des options sont envisagées pour protéger les caribous à plus long terme. Le nouveau plan devrait être annoncé en 2023.

Un moyen controversé

La méthode ne fait pourtant pas l’unanimité parmi les biologistes. Mettre des individus en enclos ne semble pas efficace pour augmenter la population de caribous ailleurs au pays. En effet, les animaux s’habituent à leur nouvel habitat et perdent en partie leur instinct sauvage. Ils ont donc plus de difficulté à trouver de la nourriture ou à fuir les prédateurs. On s’interroge aussi sur la taille des enclos, qui est insuffisant selon certains.

Remettre en état l’habitat des caribous est la solution privilégiée par les experts dans le domaine. Celui-ci a effectivement été endommagé par les coupes forestières et l’industrie minière. Il s’agit de la principale raison du déclin du caribou forestier.